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La représentation artistique de la femme Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Jusqu'à une date très récente l'image féminine fut, sauf à de rares exceptions, produite par des hommes et répondait à une demande masculine. Les représentations artistiques dépendaient bien sûr de l'esthétique générale de l'époque, et l'allure était en relation avec la morale publique du moment. Pendant longtemps, la femme n'est représentée que dans des scènes religieuses idéalisées et dans des portraits de cour ou de familles aisées.

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Un contrepoids des valeurs masculines. 

Dans les représentations de la femme véhiculées à travers les âges, on constate que l'homme ne peut se priver d'elle, mais elle doit lui être soumise pour que rien n'attente à sa supériorité. Par sa faiblesse, elle introduit auprès de lui un contrepoids de ses valeurs proprement masculines. L'image de la femme, devenant support de langage, serait le moyen privilégié d'évoquer une ample série de dispositions mentales historiquement et socialement interdites à l'homme (le désespoir, la tendresse, la fatigue, la pudeur…) exprimant ainsi ce qu'il refoule en contournant cette censure. 

Son image change au fil des siècles. 

Si, dans les arts plastiques, le nu féminin s'étalait partout sous l'empire romain, celui-ci privilégie l'idéal de la femme qui engendre ou qui, ayant engendré, continue d'éduquer, repoussant ainsi la folle amante, pour construire la société. Quand s'effondre la culture antique, la représentation du nu est refoulée par la progression d'un christianisme entièrement dominé par les moines. La virginité est valeur suprême: la femme évoque alors la fornication, l'incarnation du mal absolu. Pouvant être épouse et vierge, vierge et mère, épouse et mère, son nouveau devoir est l'union des contraires qui prime sur la procréation. La femme est tournée vers l'autre et fait basculer l'humanité en la détournant de la destruction pour l'amener à la construction.

Rennaissance : elle devient "Modèle"

Jusqu'au XVIe siècle, la femme reste le symbole de l'irrationnel et c'est à travers elle que la Renaissance est créatrice d'un monde à mesure humaine. À partir de cette époque, le nu devient un genre pictural au même titre que la nature morte ou le paysage. Ce thème envahit l'art noble, la peinture d'histoire.

XIXe et XXe siècles : le réalisme

 Avec l'arrivée de la photographie et du mouvement impressionniste, on sort de l'idéalisation; le regard sur le monde et sur la femme est plus réaliste.L'image de la femme aux XIXe et XXe siècles séduit, on est à l'âge de l'observation, on vérifie par l'œil, on désire voir, on voit donc le désir, le regard actif est fécond. Apparaissent les grands thèmes de la féminité moderne ainsi que les marginalités féminines.

Les arts visuels ouvrent la voie de l'abandon des entraves religieuses ou morales, et rivalisent d'adulation pour le corps féminin. Beaucoup d'artistes, comme Dali, se consacrent durablement aux images multiples d'une seule femme et les représentent à tout âge.

Albane Salleron . Avenirs de femmes n°7 / 1999
 
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© 2010 Anna Ribeire Art
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